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Etude de FHI sur le ténofovir par voie orale pour la prévention du VIH chez les femmes à haut risque d'infection

    

FHI 360 degrees blog

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Depuis 2004, Family Health International mène des travaux de recherche en Afrique en vue de déterminer si un médicament anti-sidéen d'utilisation courante, le ténofovir, peut aussi prévenir l'infection à VIH chez les femmes à haut risque. En particulier, les chercheurs ont examiné l'innocuité et l'efficacité de ce médicament en ce qui concerne la prévention du VIH chez ces femmes.

Cette étude revêt une importance certaine parce que l'application d'une nouvelle stratégie de prévention du VIH, telle la prise d'un médicament comme le ténofovir, pourrait s'ajouter aux autres mesures prophylactiques — la diffusion du préservatif masculin, par exemple — et favoriser ainsi la baisse substantielle du nombre de personnes dans le monde entier qui deviennent séropositifs. Les répercussions pourraient se faire particulièrement sentir en Afrique, où l'on recense plus de 70 % de tous les cas d'infection à VIH, et particulièrement chez les personnes qui ont du mal à négocier le port du préservatif.

L'étude de FHI s'est effectuée parmi des femmes hétérosexuelles du Ghana, du Cameroun, et du Nigéria qui avaient des partenaires sexuels multiples. Comme ces femmes couraient un risque élevé d'infection à VIH, elles étaient aussi les plus susceptibles de tirer parti du ténofovir s'il ressort de l'étude que ce médicament peut prévenir cette infection, sans pour autant présenter des risques pour la santé.

Le ténofovir n'est pas un nouveau médicament. Il a déjà fait l'objet d'essais sur des milliers de personnes séropositives pour le VIH, a reçu l'aval d'organismes de réglementation et est prescrit par voie orale dans un grand nombre de pays pour le traitement de l'infection à VIH. L'étude de FHI est une des premières à évaluer l'innocuité et l'efficacité des comprimés de ténofovir en vue de la prévention de l'infection à VIH.

Cette étude a été conçue conformément aux normes internationales d'éthique les plus rigoureuses. Elle a reçu l'approbation de comités d'évaluation déontologique de Family Health International et d'agences régulatoires des pays dans lesquels elle s'est déroulée.

La moitié des participantes ont reçu du ténofovir en forme d'un comprimé à prendre une fois par jour, tandis que les autres ont reçu un placebo, c'est-à-dire un comprimé qui a le même aspect et le même goût que le ténofovir, mais sans principe actif. Lors des visites mensuelles au dispensaire, les participantes ont bénéficié de conseils sur la prévention du VIH, elles ont reçu des préservatifs masculins à utiliser à chaque rapport sexuel, et elles se sont fait soigner pour toute infection sexuellement transmissible et symptomatique : autant de mesures, on le sait, qui réduisent le risque d'infection à VIH.

Leur fonction hépatique et virale a été évaluée tous les trois mois en vue de vérifier l'innocuité du ténofovir chez les personnes séronégatives et d'identifier tout effet secondaire possible du médicament. En outre, les participantes ont subi un test de dépistage du VIH une fois par mois, ce qui permet de vérifier l'efficacité du ténofovir. Celles qui sont devenues séropositives ont bénéficié d'un niveau accru de services de soutien et d'une référence vers des soins du VIH dans leurs communautés, y compris l'accés aux médicaments antirétroviraux quand elles en auront besoin. Les investigateurs de terrain ont identifié des établissements dans chaque pays qui assurent à des prix bas la prise en charge psychosociale et médicale des personnes infectées par le VIH. Les participantes infectées ont bénéficié de l'intervention d'un conseiller et ont été référées à ces établissements. Celles qui ont souffert de problèmes médicaux en rapport direct avec leur participation à l'essai ont reçu des soins gratuits pour ces problèmes.

Si cette étude ou une autre étude sur le ténofovir démontre de manière concluante l'innocuité et l'efficacité du ténofovir pour la prévention du VIH, le laboratoire Gilead — son fabricant, basé aux Etats-Unis — a accepté de proposer ce médicament à un prix abordable aux programmes de prévention des pays pauvres. Le laboratoire Gilead l'a fourni gratuitement pour les besoins de l'étude de FHI, menée grâce à un financement de la fondation Bill et Melinda Gates octroyé à Family Health International en 2002. Les résultats préliminaires ont été dévoilés le 17 août 2006 durant la Conférence internationale sur le sida à Toronto. Les résultats finals ont été soumis pour publication.